Ce reportage tente de mettre en lumière la machine Clearstream, cette "lessiveuse idéale" pour tous les mouvements colossaux d’argent qui doivent rester discrets. Créée en 1971 sous le nom de CEDEL, cette banque réservée aux banquiers a pour clients les principales banques du monde, qui siègent aussi à son conseil d’administration, et sont actionnaires ou créanciers des multinationales. En 2000, il y a eu dans cette société 145 millions de transactions, et les valeurs déposées s’élevaient à 9 trillions d’euros (9000 milliards).

Mais de nombreuses sociétés, officines et multinationales, dont Daewoo, sont aussi enregistrées chez Clearstream. De plus le système informatique, d’après ceux qui ont pris part à sa création, permet de masquer l’identité de certains comptes et d’effacer certaines transactions. Le blanchiment d’argent sale et les transferts de fonds occultes sont donc garantis par cette gigantesque chambre de compensation financière, sur laquelle repose l’économie internationale.

Le contrôle des multinationales échappe progressivement à ses dirigeants et ses actionnaires. Passant d’une logique industrielle à la logique financière, les licenciements et fermetures d’usines servent à augmenter la part des investissements purement financiers. Daewoo licencie pour pouvoir acheter des titres, parce qu’ils sont plus rentables que des ouvriers. Cette logique du sacrifice des valeurs humaines sur l’autel du bénéfice semble généralisée par l’implication de nombreuses banques privées et d’Etats, d’entreprises et de réseaux de financement du terrorisme. La spoliation et le mépris de tous au profit de quelques-uns semble une chose bien établie et promise à un bel avenir.

 

 





 
 
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